La réforme LMD (Licence/Master/Doctorat) introduite dans notre système universitaire et qui tend à s’imposer un peu partout dans le monde, met en place une sélection basée principalement sur de bons résultats académiques. Le passage d’un niveau à un autre n’est donc pas automatique. Cette règle est connue, et elle donne ainsi de la crédibilité à cette réforme. La pression des étudiants en géographie, qui souhaitent s’inscrire en master, et qui n’ont pas rempli toutes les conditions requises pour y accéder, doit elle faire plier les autorités universitaires pour autant, même sous la menace d’immolation spectaculaire ? Personnellement, je ne le pense pas, et j’en profite pour lancer un appel à la raison à nos jeunes frères étudiants qui seraient tentés de commettre l’irréparable. La non inscription en master, consécutive à une insuffisance de résultats, n’est pas une fin en soi. Avec la licence, ces étudiants peuvent s’insérer dans le monde professionnel et tenter ainsi de capitaliser en expérience. Pourquoi les autorités universitaires ne doivent pas céder ? Simplement parce que c’est la crédibilité de tout le système qui est en jeu. Céder, revient à fouler aux pieds les textes qui fondent à la fois cette réforme LMD et l’institution universitaire elle même. L’UCAD est réputée pour la qualité de son enseignement due en partie à la valeur des diplômes délivrés. Face à ces revendications estudiantines, il faut adopter une fermeté sans pareille. Cette question ne doit même pas être négociée. L’UCAD n’a pas été choisie pour abriter une chaire OMC, ou délivrer le Master MDP de la fondation Mac Arthur au hasard. C’est à l’issue d’une compétition ardue avec d’autres institutions universitaires tout aussi prestigieuses. Ainsi, pour continuer à préserver son label, l’UCAD doit rester intransigeante par rapport à des prétentions qui sont en porte à faux avec les règles qui fondent sa devise : LUX MEA LEX (La lumière est ma loi).
Abdoulaye DIALLO